Depuis quinze années , ce cadre trainait ,
oublié sous la fonctionnelle attitude de mon bureau,
sorte de cellule à la manière de Wright.
D' aspect sévère et tr

op conventionnel,
sa petitesse m'incitait à le remiser,
je le savais plus généreux qu'il n'y
paraissait , grand comme un miroir à nul autre pareil.
Ses onze centimètres de fenêtre ,réservés à une miniature
n'éveillaient que le regret qu'il ne soit un miroir , pour
mieux faire connaissance avec moi-même et l'espace de
mon existence.
Telle l'épouse de Don Diegue , entrée dans les
désordres de l'âme , ni reine , ni infante , me voilà
simplement une princesse exilée de sa vie.
Chaque fois retrouvé ,il me rappelle que je n'ai su
finaliser le portrait de ma nina , la flor de mi amor.
De n'avoir pas résolu la construction de cette pièce de ma
vie ,de ne pas m'être adressée à qui pouvait le découper
et l'assembler.
En ce jour miercoles de l'an 2006 , je décide seule de lui
donner forme et de reprendre les pinceaux qu'autrefois
grimée en Velasquez j'osais usurper.
moi la senora nunez de l'agua amarga.