De ports en ports , de gares en gares, de départs en départs, en voyageuse invisible j'ai franchi beaucoup de latitudes , sur le pont désert je m'abandonnais hors de l'oubli qui m'était imposé. Béring et le Kantchatka m'éloignaient de Wronski, je ne me jetterais pas sur les rails ni dans le grand canal pour lui. j'ai vu dans les grands couteaux des terre- neuvas qui cisèlent les poissons , les plaies de mon âme déchirée ,elles ressemblent à celà.Le moteur du bateau déroule le temps de son bruit lourd .Le froissement des flots englouti le poids du chagrin qui me serre la gorge.. l'épaule appuyée sur l'un des portants du bastingage , le regard rivé sur l'horizon le vénitien réfléchissait en posant sa main sur mon gant de laine rouge , du même rouge que son écharpe. D'un murmure à peine audible il prononce Mar y léna ne te retourne pas.......Karénine est morte d'amour tu n'a pas le droit ... a quelques mètres un béluga épie la scène et émet le rire typique des dauphins...le voyez vous ?
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