Il faut prendre de la vie ce qu'elle nous donne.
je me souviens du verre de rhum qu'une main tremblante et ridée me tendait un terrible soir de fièvre ..de la casquette plate qui coiffait le vieux seigneur des lieux . pah pah cette main s'est posée sur mon front , qq mots espagnols à son petit neveu , ce fut ma timide entrée dans cette immense famille qui pensait alors , avoir vécu tous les drames de la vie .
Puis vint l'inévitable tango très serré avec le capitaine de gendarmerie de Besançon , la cohorte des jolies cousines , le défilé des frères de leurs épouses et la longue et passionnante histoire de la tribu. Chacun dans son camp , je me gardais d'évoquer les miens .
QQ années plus tard en plein "latifondia" agricole , ce fut la rencontre avec tia Maria qui travaillais encore à quatre vingt dix ans au service d'une riche famille d'Albacète. Cet instant confirma mon existence , l'alerte aieule appréciait mes grandes dents et mon teint latin , sa main caressant mes cheveux . Nous étions assises sur la margelle du puit ou elle s'était hissée lestement, le vent d'été chassait au ras du sol des bouquets de brindilles particuliers aux lieux désertiques. Melchior aspirait sur son puros et me lançait un regard souriant et entendu sur les propos de l'abuela. je n'ai plus d'images j'en retrouverais.. un soir au bord de la mer , il me dit le désespoir de sa vie , son message plein d'affect pour moi semblait annoncer une protection à vie . Plusieurs fois plus tard, il posait sa main sur la mienne quand nous venions le visiter. Mais il disparu , tout comme cette famille beaucoup moins unie depuis , son neveu aussi disparu un soir d'hiver me laissant un chagrin immense.
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